
Vous vous rappellez peut être que même si le monsieur n'est décidément pas de ma sensibilité politique...
" J'emmerde Franck Miller, c'est un fachiste de merde. T'entends ? Un fachiste de merde!" dit Grégory, toujour bien coiffé
" C'est exa ! ", lui répond Paul, toujours barbu.
(Vous n'avez pas de culture ? Honte à vous)
... que même si c'est donc un triste partisan du choc de zizivilisations, je pense un bien fou de son "Dark Knight". Dans les nombreux moments qui me font jubiler, il y a celui où Batman en vient à affronter Superman, qui sous couvert du bon ami raisonnable pète sérieusement les rouleaux du chevalier noir. Ce parce que Superman est non seulement et comme toujours super chiant - mais aussi, en version Miller, surper faux cul, super fortiche et super lâche.
Et donc ça se termine dans une baston assez phénoménale, avec notamment la plus fantastique patate de l'histoire de la bédé. Mais un peu avant, Batman piège ce gros bénet de kryptonien et lui envoie une série de missiles spécialement conçus sur l'occasion. Et là Batman nous dit en voix off devant le spectacle :
"Je les regarde le faire rebondir une petite minute."
"J'ai déjà vécu pire."
Cette intro interminable va s'éclairer quand je vous dirais que depuis une semaine je suis les premiers retours de la Survie de l'Espèce. Il y a d'abord les critiques. Celle de dBD, vous l'avez peut être déjà lue : la sélection d'un des principaux mensuels de critique bd ? Quoiqu'il en soit je lis ça et je me dis que j'ai déjà vécu pire.
Quelque jour plus tard, Futuropolis nous envoie ceci :

Il s'agit là de la sélection hebdo de Passe-Partout, un gratuit belge tiré à... 4 Millions d'exemplaire.
Bon, idem. J'ai vécu pire.
Ca continue. Des blogs, (Le Labo de Benoit, par exemple). Télé Tour ("Tout sur un Plateau", émission du 12, minute 9 environ), où le présentateur enthousiaste utilise des mots qu'on réserve d'habitude, comme le remarquaut Paul, à Albert Einstein (mais aussi, Paul, à n'importe qui qui passe chez Drucker, pour relativiser).
Bon. Vécu pire.
Et Mercredi ? Ce Mercredi 14 novembre - cette semaine - c'est Downtown, sur France Inter, à 18h20. Paul et moi invités d'une émission à grande écoute en direct : la semaine dernière, il y avait Edouard Baer, si ça se trouve je poserai mes fesses là où il a mis les siennes (les miennes sont plus grosses, de toutes façon, ça ne m'impressionne pas plus que ça).

J'ai super bien mangé ce dimanche, mais c'était pire.
Bon, je n'en jète plus, vous voyez l'idée, mais il y a d'autres interviews bookées, et Arte en embuscade, etc. Mais je dois mentionner aussi les retours des lecteurs, qu'il s'agisse des vôtres ici, des critiques sur Amazon, ou des gens chez Paul. Il y avait notamment celle-là qui m'a particulièrement touché :
Suzanne
6 novembre 2012 à 20:15
Je l’ai, je l’ai, je l’ai, je l’ai !!
Ouaaah, c’était une journée parfaite, vous savez le genre de
journée qui n’arrive presque jamais : où le boulot s’est bien
passé pour une fois, où le soleil se répand sur les citrons en
train de mûrir après les trombes d’eau des derniers jours, où
l’air est pur et frais, où vos douleurs articulaires se sont
miraculeusement arrêtées, vous permettant de sillonner la ville de
long en largeet de large en travers presque comme une jeune femme,
où vous avez réussi à échanger de la joie et de la tendresse avec
ceux que vous aimez, et où dans le campus de la fac vous êtes
tombés sur cette magnifique dittrichia viscosa sauvage en fleurs
que vous cherchez depuis des mois. Bref, un miracle.
Et là, paf, pour ajouter encore à la perfection, vous tombez sur
la Survie de l’Espèce. Y a plusieurs piles, et celle de la Survie
elle est bien basse, on voit que plein de gens se sont servis, moi
j’en prends deux pour la première fournée, un pour moi, un pour cadeau, on verra après pour le reste.
Oh la la, il est génial, cet album.
J’aime les dessins somptueux et fins.
J’aime Clint.
J’aime la polyphonie et le contrepoint toujours à l’oeuvre, comme
dans tout ce qui est humain : des choses sont racontées, mais
dessous, et dessus, et à côté, d’autres choses sont dites, sur un
ton différent, qui élargissent.
J’aime l’humour de Grégory Maklès.
J’aime la voix de Paul Jorion quand elle parle de l’intime du
passé.
J’aime l’image de la première Enterprise à la page 69 quand le
jeune fils du capitaliste envisage d’investir dans quelque chose
d’utile et de beau.
Et j’adore littéralement la parabole de la toute fin. Je veux
vivre dans ce monde-là.
Non, vraiment, pire, que je vous dis.
Je ne me fais pas de plan sur la comète néanmoins : le placement n'est pas fou fou fou, le sujet est commercialement assez casse gueule, il n'y a pas de femmes nues avec des épèes grosses comme des plongeoirs, et ce n'est pas préfacé par Cauet. Mais comme auteur, l'objectif que je me fixe est de faire une œuvre qui rendre justice à l'intention initiale de l'avis de celles et ceux qui la lise. Dans le cas de la Survie de l'Espèce, c'est déjà un objectif ambitieux : faire rire, expliquer, faire ressentir, et le tout sous le regard vigilant de Paul dont il fallait restituer la parole (sinon iil me frappait).
Voir que ça passe, au sens de "le courant passe", pfiouu ! c'est déjà quelque chose. Bien sûr, j'ai eu beaucoup de gratifications de cet ordre avec Stevostin également, mais là... enfin, il faut que vous compreniez, je suis en train de devenir Vraiment Un Auteur, une référence culturelle pour ce pays, bon dieu les zamis, je suis même un tag sur le site d'Arte maintenant ! Plus que Télérama et je peux mourir.
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